L'ouverture de la Maison Niépce au public (2002)

Chaque année, les journées du Patrimoine sont l’occasion pour la Maison Niépce de proposer au visiteur une nouvelle découverte.


La Maison :

C'est à l'occasion des journées nationales du patrimoine 2002, que la maison de Nicéphore Niépce a été ouverte pour la première fois au public.

Au premier étage : Niépce avait installé son atelier laboratoire.
Les visiteurs sont invités à découvrir les fenêtres par lesquelles Niépce réalisa les premières photographies au monde.
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L'inauguration

On y retrouve l'emplacement exact d'où fut prise la première photo au monde. La découverte de cet emplacement résulte d'une part des travaux de J.L. Marignier et des fouilles entreprises par Pierre-Yves Mahé autour de la fameuse fenêtre.






Enfin la visite se termine par la découverte du grenier et notamment son « cabinet » dont parle Niépce dans ses lettres où l’on peut encore voir sur les murs le papier peint datant de l’époque de l’inventeur.

La superposition de l'ancien plan de Saint-Loup-de Varennes établi en 1775 et d’une vue aérienne réalisée par L'IGN montre qu'une grande partie du patrimoine des terres de 1775 est demeuré inchangé (tracé des routes et des chemins, emplacement des habitations, répartition des parcelles de terrains, etc... ). Il est ainsi très facile d'identifier les terres actuelles qui appartenaient à Niépce.





La première photo :

Présentation de l’invention de la photographie par Jean-Louis Marignier qui exposait des reconstitutions d’héliographies et de physautotypes réalisée par lui et Michèle Lourseau.
Les visiteurs ont pu découvrir la reconstitution par ordinateur de la maison de Niépce telle qu’elle était du temps de l’inventeur. C’est grâce à cette reconstitution que Jean-Louis Marignier a découvert que la fenêtre de la plus ancienne photographie au monde a été déplacée depuis l’époque de Niépce.









Le daguerréotype :

En 2002, dans le cadre des recherches sur les origines de la photo, était présentée l’une des premières vues de Paris, réalisée par Daguerre, celle-là même qui lui permit de faire reconnaître officiellement par l’Académie des Sciences, l’invention du Daguerréotype. Daguerre offrit ce daguerréotype à Arago, alors secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences, mais aussi député des Pyrénées Orientales, qui en fit don au Musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan où il s’y trouve encore actuellement.
(Remerciements à Madame Marie-Claude VALAISON Conservateur territoriale en chef du Patrimoine au Musée Hyacinthe Rigaud pour avoir prêté ce daguerréotype à Maison Niépce pour les journées du patrimoine).










La reconstitution du Pyréolophore :

Le moteur à combustion interne inventé par Nicéphore Niépce et son frère.
Cette réalisation est due au Lycée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône (professeurs : Alain Baudet, Jean-Louis Bruley, Jean-Jacques Mutiaux, Yannick Plumet, Roland Boyat, Jean Vallet, Marc Lavigne).
En 2002, pour la première fois depuis Niépce un petit bateau équipé d’un pyréolophore est venu faire des tours dans l’étang de la propriété de Niépce.
Les visiteurs ont également été conviés à assister à la projection du film « Le Gras. Restauration de la maison de Niépce » ainsi qu’à la présentation du CD-ROM sur le pyréolophore par les enseignants du Lycée Niépce.




Edition de la correspondance de Niépce :

En 2002, les visiteurs ont pu également découvrir en avant-première la maquette du livre «Niépce. Correspondance et papiers» publié par M. Bonnet et J.L. Marignier aux Editions Maison Nicéphore Niépce, ainsi que la base de données informatiques que J.L. Marignier a réalisée.
Cette base de données contenant la correspondance de Niépce permet grâce à un moteur de recherche spécialement adapté d’effectuer toutes sortes d’interrogations pour lesquelles l’ordinateur sélectionne les lettres qui correspondent. Outre l'archivage des documents, cette base de données permet d'effectuer des recherches à partir de critères tels que les mots du texte, la date, l'auteur, le destinataire (dans le cas d'une lettre), les mots-clés et enfin le propriétaire actuel du document (collection particulière, archives publiques etc..) avec la possibilité de croiser tous ces critères. Cet outil puissant sera mis prochainement à la disposition des chercheurs.






Pastel, Giraumont, Asclépias… (2003) :

En 2003, les visiteurs purent découvrir dans le jardin, face à la maison, des plantations destinées à illustrer les travaux de Niépce sur divers végétaux (voir autres inventions). Le pastel illuminait le jardin de ses fleurs jaunes éclatantes. Jean-Louis Marignier et Michèle Lourseau collectèrent les feuilles après la floraison et réussirent à en extraire quelques milligrammes du fameux colorant bleu pour teinter un morceau de tissus.

Le Giraumont ou Bonnet Turc donna de magnifiques cucurbitacées à la couleur de potiron : remerciements à Christine Mahé pour ses conseils précieux sur la plantation du giraumont et pour le succulent repas qu’elle offrit, composé de mets entièrement à base de la fécule de giraumont.
Enfin l’Asclépias de Syrie : remerciements à Michel Cambornac des Laboratoires Yves Rocher (Département d’Etnobotanique et d’Agronomie) pour avoir fourni les graines de cette plante.
Pour la première fois depuis Nicéphore Niépce, Pastel, Giraumont et Asclépias de Syrie étaient replantés au Gras.





La table servie (2004) :

Depuis les travaux publiés par J.L. Marignier en 1999, on sait que l’image de la Table Servie longtemps restée mystérieuse quant à l’identité de son auteur, fut bien réalisée par Nicéphore Niépce et que ce fut même l’une de ses dernières œuvres. Les témoignages de l’époque retrouvés par le chercheur montrent que cette image était un physautotype.

Après cette identification, J.L. Marignier et M. Lourseau ont entrepris en 2004 de retrouver des objets similaires à ceux de l’image de Niépce et de reconstituer La Table Servie.





Une fois numérisée l’image de Nicéphore a été utilisée pour déterminer les dimensions des différents objets ainsi que de la table elle-même. Couteau, cuillère, verre, bol, écuelle, bouteille, vase, cafetière correspondants aux dimensions déterminées et dont la forme et la teinte se rapprochent de ceux de l’image ont été collectés chez divers antiquaires et autres brocanteurs. Lorsque les objets ont été disposés sur la table, l’image est apparue en trois dimensions.

Fort de leur maîtrise du procédé du physautotype qu’ils ont redécouvert en 1992 et qu’ils sont les premiers à avoir reconstitué, J.L. Marignier et M. Lourseau ont décidé de photographier cette table par ce procédé inventé par Niépce et Daguerre, dans la Maison du Gras, pendant l’été 1832.
Fin Août 2004, la table reconstituée a été installée dans le jardin de Niépce devant une chambre obscure au fond de laquelle était placée une plaque d’argent recouverte de la couche blanche de résidu de distillation de l’essence de lavande. Quatre heures plus tard, la même plaque, léchée par les vapeurs de pétrole lampant, laissait apparaître une image très semblable à celle de Niépce.



Original (CNAM)





Reconstitution



La Table Servie reconstituée et le physautotype obtenu sont exposés en permanence au premier étage de la maison.

L’enquête menée par J.L. Marignier peut être suivie dans les deux ouvrages : Niépce, l’invention de la photographie et Niépce, Correspondance et papiers ainsi que dans les articles parus dans Le Photographe et dans Réponses Photo en 2004.







Le nouveau "vélocipède" de Nicéphore Niépce (2005) :

Nicéphore Niépce a entres autres perfectionné ce nouveau moyen de transport qu'était le vélocipède qui comme son nom l'indique permettait d'aller vite à pied. Nicéphore y ajouta une selle ajustable en hauteur, et une roue directrice.

La Maison Niépce a décidé de faire une copie de l'original (au Musée Niépce à Châlon) conforme au moindre détail, et a confié ce travail à l'ébéniste restaurateur de Saint-Loup de Varennes, Bernard Wala.

Ce nouveau vélocipède peut dorénavant être essayé par les visiteurs lors des visites.







Les Images phosphorescentes de Daguerre (2006) :

Lorsque Niépce rencontre Daguerre à Paris en 1827, ce dernier lui montre comment il espère capter les images de la chambre obscure. Le parisien dépose au fond de sa camera obscura des poudres phosphorescentes. Lorsqu’elles reçoivent l’image projetée, elles emmagasinent l’énergie lumineuse pour la restituer ensuite sous forme d’émission de lumière. Il en résulte une image phosphorescente visible au fond de la chambre. Malheureusement cette image ne se conserve pas. Elle s’évanouit progressivement.
En décembre 1829, Daguerre vient signer à St Loup de Varennes le contrat qui le lie à Niépce. Il apporte avec lui de cette poudre jaune phosphorescente.

Les journées du patrimoine 2006 furent consacrées aux quatre séjours de Daguerre dans la maison du Gras à Saint Loup de Varennes :

Le premier en décembre 1829 pour la signature du contrat d’association et la remise de la Notice sur l’Héliographie à Daguerre par Niépce
Le deuxième en juin 1830, lorsque Daguerre apporta pour la première fois du résidu de la distillation de l’essence de lavande.
Le troisième pendant l’été 1832 lorsque les deux associés inventèrent le physautotype.
Le quatrième en novembre 1832 quand les deux associés essayèrent d’améliorer le procédé du physautotype.

Ainsi, les visiteurs de la maison Niépce purent assister à la réalisation d’images sur des poudres phosphorescentes qui étaient exposées au fond d’une chambre obscure le temps de la visite. En sortant de la maison, chacun des visiteurs pouvait admirer les images phosphorescentes, en se souvenant qu'en décembre 1829, une scène identique s'était produite entre Niépce et Daguerre, dans cette même maison du Gras.
On pourra obtenir des détails sur la production des images phosphorescentes dans l'ouvrage : « Niépce, l’invention de la photographie ».




2007, première présentation du plus vieux laboratoire photo du monde (1840-1855)




2008, le Bicentenaire de l’Invention du Pyréolophore par les Frères Niépce :

A l'initiative de Manuel Bonnet, et sous la direction technique de Jean-Louis Bruley, Spéos/Maison Nicéphore Niépce a décidé de célébrer le bicentenaire du Pyréolophore en reconstruisant celui ci tel qu'il était à l'origine.
Il s'agit du premier moteur à explosion qui fut inventé et breveté par les frêres Niépce en 1807. Dix ans plus tard, ils seront les premiers au monde à faire fonctionner un moteur à explosion au moyen d'un système à injection d'essence.
Une manifestation s'est déroulée à l'occasion des Journées du Patrimoine 2008 dans le lieu même de l'invention... la Maison de Nicéphore Niépce !


> Voir l'exposition


  




Ils ont participé à la reconstitution du Pyréolophore





De droite à gauche, Jean-Louis Bruley, Olivier Pironneau de l'Académie des Sciences, et son épouse :




La réussite de ces Journées du Patrimoine est due en partie à la participation efficace et active de la population de Saint-Loup-de-Varennes....





> Voir les images de l'Agence Gamma sur la Journée du Patrimoine 2002 à la Maison Niépce