En 1871, un autre britannique, Richard Meaddox, remédia à ce problème en remplaçant le collodion par de la gélatine, procédure perfectionnée par Charles Bennet qui montra que les plaques gélatinées acquéraient une grande sensibilité lorsqu’on les maintenait pendant plusieurs jours à 32°C. Non seulement les plaques au gélatino-bromure purent alors être stockées avant emploi, mais leur sensibilité fut telle que l’exposition ne pouvait excéder une fraction de seconde.

C’est alors, un peu avant 1880, que commença l’histoire de l’obturateur, car la haute sensibilité des plaques nécessita la conception de mécanismes capables de laisser entrer la lumière dans l’appareil pendant 1/100ème et même 1/1000ème de seconde. Il fallut évaluer précisément l'intensité de la lumière et le posemètre devint alors un véritable instrument de mesure.




Richard Meaddox



Georges Eastman


L’américain
Georges Eastman, fondateur de Kodak, concevra, en 1888, l’idée du support souple. Les plaques de verre seront progressivement remplacées par les rouleaux de celluloïd.





Il manquait encore à la photographie, la reproduction des couleurs. Les premières tentatives furent à l'initiative d'
Edmond Becquerel en 1848, puis de Niépce de St Victor en 1851 qui montrèrent qu’une plaque d’argent recouverte de chlorure d’argent pur reproduisait directement les couleurs, mais de manière instable.

En 1869, Louis Ducos du Hauron réussit, à Agen, la première photographie en couleurs en appliquant le principe démontré par Maxwell de la décomposition de la lumière par les trois couleurs fondamentales, le rouge, le jaune et le bleu. Il réalisa trois photos d’un même sujet, au travers d’un filtre respectivement rouge, bleu et jaune. Il en obtint 3 positifs qu'il colora dans la couleur qui les avait produits. En superposant exactement les trois images, il obtint la restitution des couleurs.




Gabriel Lippman en 1906


Le physicien Gabriel Lippman reçut le Prix Nobel en 1906, pour avoir découvert en 1891, le moyen d'obtenir des photos directement en couleurs sur une seule plaque, par un procédé interférentiel qui préfigurait déjà l’holographie. Trop complexe, cette invention n'en resta qu'au stade du laboratoire.







Auguste Lumière



Le premier procédé couleur monoplaque pratiquable par les amateurs naquit en 1906.
L’autochrome inventé par les frères Lumière reprenait le principe de la synthèse trichrome réalisée cette fois sur une seule plaque par adjonction d’une mosaïque de microfiltres des trois couleurs réalisée au moyen de grains de fécules de pomme de terre.




La découverte du "
révélateur chromogène" par R. Fisher dès 1911, offrit à la photographie en couleur une nouvelle direction. On s'était aperçu que certains révélateurs conduisaient à l'obtention d'images teintées d'une couleur, au lieu d'être en noir et blanc.
Le principe trichrome fut repris par la Société Agfa pour mettre au point en
1936, les pellicules Agfacolor constituées de trois couches superposées sensibles respectivement au bleu, vert et rouge. Un révélateur fut mis au point qui colorait chacune des couches dans la couleur de sa sensibilité. La superposition conduisait à une image en couleur. Là encore la possibilité de reproduire les couleurs provoqua des améliorations en optique, pour transmettre fidèlement les couleurs de l’objet photographié vers la pellicule.

En 1935 deux américains L. Mannès et L. Godowsky améliorèrent le procédé.
Acheté par Kodak,il prit le nom de Kodachrome. Si nos pellicules couleurs actuelles sont très sophistiquées, il n'en demeure pas moins qu’elles font toujours appel au bromure d’argent, à la gélatine ainsi qu’au principe de base de l'Agfacolor et du Kodachrome.