1825-1829 > L'INVENTION DE LA PHOTOGRAPHIE  • 1816-1818  • 1819-1824

En 1824, il place des pierres lithographiques recouvertes de bitume, au fond d’une chambre obscure et obtient pour la première fois au monde, l'image fixée d’un paysage. Il faut un temps de pose extrêmement long de plusieurs jours en plein soleil. A partir de 1825, il utilise régulièrement le cuivre comme support puis l'étain en 1826 et réalise des images gravées.

En 1827, Niépce se rend en Angleterre où il découvre son frère mourant, incapable de lui montrer une quelconque amélioration du moteur. Il réalise qu’il ne sera tiré aucun profit de cette invention dans laquelle ils avaient fondé les plus grands espoirs. Après avoir vainement tenté d'intéresser la Société Royale à son procédé de reproduction des images qu’il nomme Héliographie, Niépce rentre en France et continue avec acharnement à perfectionner son invention. En 1828, il découvre une nouvelle méthode qui conduit à des images d’une qualité supérieure avec des demi-teintes. En prenant comme support de l'argent poli et en faisant agir des vapeurs d'iode sur l'image au bitume il obtient de véritables photographies en noir et blanc sur le métal. La précision des images est étonnante pour l'époque. Le temps de pose est toujours de plusieurs jours en plein soleil.



> Principe et technique de l ' HELIOGRAPHIE à la chambre obscure
Le produit photosensible est le bitume de Judée
C’est une sorte de goudron naturel, connu depuis l’antiquité. Les anciens le récupéraient à la surface de la mer morte (en grec lac Asphaltite) où il remonte continuellement du fond des eaux. On s’en servait pour embaumer les momies chez les égyptiens, pour calfater les navires ou encore pour faire des terrassements à Babylone. Au XIXe siècle, on savait déjà l’extraire des roches bitumineuses si bien que le bitume utilisé par Niépce ne venait pas de Judée.

> Voir la video sur le vernis au bitume  
> Voir la video sur le dépouillement de l'image  
> Voir la video sur l'inversion par traitement à l'iode  
Extraits du film "Magie de l'image" - Temps de chargement : jusqu'à 4 minutes


1 - Obtention de l'image au bitume de Judée




> Niépce dissolvait le bitume de Judée en poudre dans de l'essence de lavande.




> Il étalait ensuite cette solution en couche mince sur le support (verre, pierre, cuivre, étain, argent).



> Par séchage à chaud, il obtenait un vernis brillant de couleur vermeil .




> Il exposait la plaque ainsi enduite dans la chambre obscure (ici, projection d'une diapositive) .




> Après exposition, aucune image n'était visible. Niépce plongeait la plaque dans un bain d'essence de lavande diluée qui dissolvait les parties n'ayant pas, ou peu, vu la lumière.




> L’image obtenue, regardée en incidence normale, était négative.
Le temps de pose en chambre obscure était de plusieurs jours en plein soleil.





2 - Utilisation de l'image au bitume de Judée :



> Pour obtenir un positif, Niépce exploita cette image de deux façons :
Sans traitement ultérieur, à condition de l'avoir réalisée avec un vernis excessivement mince soumis à une légère sous-exposition (à partir de 1827). Dans ce cas, le vernis était mat et par réflexion, sous un éclairage rasant et dans un endroit sombre, l'image apparaissait en positif .




> En l’attaquant par des vapeurs d’iode pour obtenir une image positive sur argent (de 1828 à 1831). Niépce plaçait la plaque dans une boite contenant des cristaux d'iode qui s'évaporaient spontanément.




> En quelques minutes les vapeurs d'iode oxydaient l'argent insuffisamment protégé par le vernis. Il se formait à la surface du métal une couche d'iodure d'argent qui, une fois le vernis éliminé, noircissait sous l'action de la lumière.




> Il obtenait alors une image parfaitement positive .