A l'initiative de Manuel Bonnet, Spéos/Maison Nicéphore Niépce a décidé de célébrer le bicentenaire du Pyréolophore.
Il s'agit du premier moteur à explosion qui fut inventé et breveté par les frêres Niépce en 1807. Dix ans plus tard, ils seront les premiers au monde à faire fonctionner un moteur à explosion au moyen d'un système à injection d'essence.
Une manifestation se déroulera à l'occasion des Journées du Patrimoine 2008 dans le lieu même de l'invention... la Maison de Nicéphore Niépce !


C’est à Nice que Claude et Nicéphore se livrèrent à leurs premiers travaux d'inventeurs. Ils s'intéressèrent alors à la mise au point d'un nouveau principe de moteur fondé sur l'utilisation de la dilatation de l'air au cours d’une explosion. Eurent-ils connaissance des travaux de
Huygens (1625-1695) qui avait déjà utilisé l’air dilaté par une explosion de poudre à canon dans un cylindre pour mouvoir un piston ?


Extrait du brevet du Pyréolophore rédigé par les frères Niépce en 1807


Les frères Niépce employèrent d'abord comme explosif une poudre constituée des spores d’une plante, le lycopode , puis ils utilisèrent du charbon mélangé à de la résine. Ils inventèrent ainsi le premier moteur à combustion interne qu'ils nommèrent Pyréolophore (Pyr, feu, eolo, vent et phore : je porte ou produis).

En
1806, ils rédigent un premier rapport. Une commission de l’Institut National, autrement dit l’Académie des Sciences chargée d’examiner l’invention rend son verdict :

« Le combustible employé ordinairement par MM. Niépce est le Lycopode, comme étant de la combustion la plus vive et la plus facile ; mais comme cette matière est coûteuse, ils la remplaceraient en grand par la houille pulvérisée et mélangée au besoin avec une très-petite portion de résine, ce qui réussit très-bien, ainsi que nous nous en sommes assurés par plusieurs expériences. Dans l’appareil de MM. Niépce aucune portion du calorique n’est dissipée d’avance ; la force mouvante est un produit instantané, et tout l’effet du combustible est employé à produire la dilatation qui sert de force mouvante.
Suivant une autre expérience, la machine placée sur un bateau qui présentait une proue d’environ deux pieds de largeur sur trois pieds de hauteur, réduite dans la partie submergée, et pesant environ neuf quintaux, a remonté la Saône par la seule action du principe moteur, avec une vitesse plus grande que celle de la rivière dans le sens contraire ; la quantité de combustible employée étant d’environ cent vingt-cinq grains par minute, et le nombre de pulsations de douze ou treize dans le même temps. Les Commissaires pensent donc que la machine proposée sous le nom de Pyréolophore par MM. Niépce est ingénieuse, qu’elle peut devenir très-intéressante par ses résultats physiques et économiques, et qu’elle mérite l’approbation de la classe. »
Rapport de L. Carnot et C.L. Berthollet du
15 décembre 1806




Premier plan du Pyréolophore, dessiné par les frères Niépce



Les frères Niépce avaient aussi procédé à quelques essais sur l’étang de Batterey, situé au milieu des Bois de la Charmée, à Saint-Loup de Varennes . Ils obtinrent ensuite un brevet pour une durée de dix ans. Celui-ci leur fut délivré par l’Empereur Napoléon. Il est daté du 20 juillet 1807.
Nicéphore et Claude continuèrent à améliorer leur pyréolophore.
Le 24 décembre 1807, ils avertirent Lazare Carnot qu’ils avaient obtenu une poudre très inflammable en mélangeant une partie de résine avec neuf parties de houille. Mais en 1816 les progrès n’ont pas été suffisant pour que les Niépce puissent obtenir quelques subsides de leur invention. L’expiration du brevet approche et Claude décide de monter à Paris puis de se rendre en Angleterre dans l’espoir d’y exploiter le moteur.