Lors de la divulgation du procédé du daguerréotype, le
19 août 1839 à l’Académie des Sciences, la présentation par Arago du procédé de Niépce fut faite en des termes si négatifs que personne n’accordera d’importance à l’héliographie au bitume.
Ce fut alors l’engouement pour le daguerréotype, procédé voué essentiellement au portrait mis à la portée de tout un chacun.

On déplorait pourtant que ce fut un procédé à image unique. D’aucuns cherchèrent alors à transformer la plaque daguerrienne en planche gravée pour servir à l’impression de l’image. Quelques procédés furent mis au point. (par le Dr. DONNE, à Paris le Pr. BERRES à Vienne, GROVE en Angleterre puis FIZEAU à Paris), mais, très compliqués et incertains quant au résultat, ils ne connurent pas d’application à grande échelle.





Photogravure à partir d’un daguerréotype

Lorsque le daguerréotype fut supplanté par le calotype de Talbot, on crut que ce dernier procédé allait permettre d’illustrer aisément les livres. Les images étaient obtenues sur papier et la reproduction multiple sans avoir recours à un moyen optique mais par simple tirage contact du négatif, était beaucoup plus simple. La méthode, employée par Talbot ou par Blanquart-Evrard, consistait à coller à la main les photos dans les livres.


La technique était lente, mais plus ennuyeux encore, les photographies supportant mal le vieillissement se détérioraient lentement. La nécessité se fit sentir de trouver des procédés qui permettraient d’imprimer les photographies de façon permanente







Couverture originale
du "Pencil of Nature" de H.F Talbot


Niépce de St Victor




C’est alors que l’on se souvint du procédé de Nicéphore Niépce pour obtenir des planches gravées et qu’on tenta de l’adapter pour reproduire non plus des dessins mais des photographies sur papier translucide ou sur verre car entre-temps, le négatif papier avait été remplacé par celui sur verre, grâce à l’invention due à Niepce de Saint-Victor.






> Remarque
Avec le procédé de Niépce, les images photogravées avaient été uniquement des gravures dont les teintes étaient représentées par des hachures plus ou moins serrées. Par les techniques de la gravure à l’eau-forte, on savait que lorsque qu’une teinte est gravée selon une plage continue, il est nécessaire de donner un grain au métal afin que l’encre puisse y être retenue, faute de quoi elle serait chassée au moment du pressage.
Les différentes techniques de photogravure qui seront mises au point après la mort de Niépce vont résoudre ce problème d’une façon ou d’une autre. Dans ce qui suit, nous ne citerons que les principaux procédés photomécaniques développés après la mort de Niépce et qui utilisèrent le bitume de Judée comme produit photosensible. Nous laisserons volontairement de côté les procédés qui sur le même principe que celui de Niépce utilisèrent des colloïdes (albumine, gélatine, gomme) bichromatés.